Lors de notre dernière lettre financière, je vous faisais part de trois scénarios de reprises envisageables. Jusqu’à présent, le marché semble avoir retenu le scénario optimiste. La reprise rapide des marchés peut en laisser plus d’un perplexe et semble reléguer la Covid-19 à de l’histoire ancienne.

Entre le plus haut niveau atteint le 23 février dernier et le plus bas niveau des marchés atteint le 23 mars, nous avons enregistré un recul de -36%. Depuis ce bas, nous avons connu, en date du 30 avril, une hausse de +32%. Nous sommes actuellement à 17% du plus haut que nous avons connu le 23 février dernier et à 12% du niveau enregistré en début d’année le 1er janvier 2020. L’écart paraît bien mince comparativement à l’impact économique causé par le virus.

Les chiffres mentionnés précédemment ne semblent pas correspondre ? En fait les calculs sont toujours présentés à partir du point de départ. Ainsi une chute de -36% à partir d’un point plus haut nécessitera une hausse de +56% à partir du point le plus bas pour retrouver le point initial. Une représentation visuelle vaut mille mots, comme en fait foi le graphique un peu plus bas (source Métastock) démontrant l’évolution du marché boursier américain depuis le mois de septembre dernier.

Nous savons déjà que nous serons en récession car celle-ci est officialisée après deux trimestres de croissance économique négative du produit intérieur brut (PIB). Les résultats du premier trimestre sont estimés à -2.6% au Canada et il paraît évident que le prochain trimestre se terminant le 30 juin sera aussi négatif. Nous aurons ainsi une annonce officielle de récession au cours du mois de juillet. Les chiffres que nous obtiendrons sur l’état de l’économie seront très négatifs au cours des prochaines semaines et atteindrons des niveaux historiques, qui prendront plusieurs mois à se résorber.

Voici le graphique que je vous parlais plus haut :

Source : Métastock

 

Malgré les apparences, les marchés financiers ne sont pas ‘’déconnectés’ de la réalité pour plusieurs raisons, notamment l’effet temporaire de la crise sanitaire et les moyens mis en place par les gouvernements et les banques Centrales, qui sont eux aussi de même envergure que la crise sanitaire : colossaux et historiques. Il ne faut pas oublier que le marché évolue en fonction des anticipations de l’économie et plus précisément des bénéfices des entreprises au cours des six à douze prochains mois. La baisse des taux annoncé par les banques Centrales et les outils financiers utilisés ont un impact considérable sur l’évaluation des marchés et des entreprises. Nous en parlons plus en détail dans le prochain sujet de cette infolettre.

La reprise n’est donc pas surprenante, mais de continuer au même rythme le serait toutefois un peu plus, à court terme du moins. Je m’attends donc à une progression plus modeste au cours des prochains mois afin de refléter une reprise qui pourrait s’avérer un peu plus longue que prévu pour certains secteurs de l’économie. Néanmoins, il faut prendre un peu de recul et regarder sur un horizon plus éloigné. Il apparaît alors plus évident que nous assistons au début d’un nouveau cycle économique. Si l’histoire et la théorie des cycles économiques se répètent, il est fort probable que nous aurons atteint des niveaux plus élevés que nous le sommes aujourd’hui au cours des prochaines années. Investir malgré les conditions économiques actuelles, continue donc d’avoir tout son sens.

Voici notre tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2020. Selon Morningstar, la moyenne des portefeuilles de gestion équilibrée (considéré à risque moyen), comprenant 50% de revenus fixes (obligations) et 50% d’actions, a ainsi généré un rendement moyen de -5,54% au 30 avril 2020.