Les marchés : Un début d’année en dents de scie !

L’année 2021 a démarré sur une bonne note pour finalement s’orienter en dents de scie. Le marché est en fait partagé entre les bonnes nouvelles prenant l’origine dans le déploiement rapide de la vaccination, et les mauvaises nouvelles représentées par l’inflation qui pourrait se manifester avec une reprise économique trop rapide. Puisque le Canada représente 1.6 % de l’économie mondiale, le fait que nous soyons à la traîne dans la vaccination a peu d’impact sur les marchés financiers. Le marché regarde d’avantage les États-Unis, l’Europe, la Chine et le Japon. Les États-Unis notamment ont pris une avance considérable avec plus de 20 % de la population vacciné en date de cette présente lettre financière. L’idée d’un déconfinement au cours des prochains mois semble à la portée et s’avère encourageant pour une reprise économique, notamment dans les secteurs plus fortement touchés par la pandémie tels que l’aviation, la restauration, le touriste et les arts.

L’ombre qui prend forme et qui inquiète les marchés est une montée de l’inflation dû à une reprise trop rapide. Nous avons déjà parlé de l’inflation au cours de lettre précédente, mais permettez-moi un bref rappel. L’inflation se manifeste par une demande plus forte que l’offre de produits et services. Il s’ensuit une escalade des prix, ce qui est néfaste pour l’économie, surtout si elle prend des proportions trop importantes. Pour la contrôler, les banques centrales utilisent alors un outil très puissant, soit, une hausse des taux d’intérêts.
Celle-ci vient alors ralentir l’économie et les perspectives de croissance de nos placements, à court terme du moins.

Le président de la banque centrale américaine (FED) a tenté de calmer le jeu à quelques reprises au cours des derniers jours, en indiquant qu’il voit une hausse de l’inflation à court terme, mais un retour à la normale par la suite. À son avis, la situation actuelle ne justifie pas une hausse de taux d’intérêts de sa part. Il conserve ses prévisions d’un début de hausse de taux, dans deux ou trois ans seulement. Son discours n’a toutefois pas eu l’effet escompté, car les marchés obligataires continuent de se transiger dans une perspective de hausse des taux d’intérêts. Les marchés sont donc en train d’incorporer les données de l’inflation et d’ajuster eux-mêmes les taux d’intérêt à la hausse. Cela n’a pas de répercussion sur les taux d’intérêts à court terme (dicté par les banques centrales), mais cela a de l’impact sur les taux d’intérêt de moyen et long terme où le libre marché prévaut. Comme les taux d’hypothèque, notamment, sont basés sur les taux du marché, la hausse qui se manifeste apporte donc son lot d’inquiétude. Ces inquiétudes alimentent ainsi une baisse généralisée des actions et des obligations.

Je partage le même avis que le président de la banque centrale. De plus, il ne faut négliger la puissance des outils qu’ont à leur disposition les banques centrales. Au lieu d’augmenter les taux d’intérêt, elles pourraient tout simplement freiner la hausse des taux sur les marchés, en devenant acheteur d’obligation à long terme sur les marchés financiers. Elles peuvent rapidement dégager des milliards de dollars à cet effet et venir ainsi contrer la hausse des taux. Il est donc pertinent de suivre la situation, mais il n’y a pas lieu de s’en inquiéter outre mesure sachant les solutions qui peuvent rapidement être mises en place.

Voici notre tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2020. Selon Morningstar, la moyenne des portefeuilles de gestion équilibrée (considéré à risque moyen), comprenant 50 % de revenus fixes (obligations) et 50 % d’actions, a ainsi généré un rendement moyen de -0.15 % au 28 février 2021.