Les marchés nous ont fait une belle surprise en 2019. Malgré beaucoup d’incertitudes créées notamment par la guerre commerciale, les marchés ont terminé en force pour nous donner une des meilleures années de rendement de la dernière décennie. Quatre items ont contribué à cette année exceptionnelle :

  •  La baisse du taux directeur de la Banque centrale américaine et l’assouplissement monétaire concerté des banques centrales à travers le monde;
  • Des résultats financiers d’entreprises meilleurs qu’anticipé;
  • L’apaisement des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis;
  • Le rattrapage de l’année 2018.

Peu ont fait état du dernier item, mais le rattrapage de l’année 2018 est l’item qui a certainement le plus contribué à la croissance des marchés en 2019. Vous vous souviendrez qu’entre le 1 octobre et le 24 décembre 2018, les marchés ont chuté de presque -20%. Cette baisse reflétait la crainte d’une récession. Bien que l’économie fût en bonne posture, la hausse des taux d’intérêts, le resserrement de la politique monétaire et le début du conflit commercial avec la Chine ont fait peur aux investisseurs. Une bonne partie de la hausse de 2019 peut ainsi être attribuée à une situation de rattrapage où les investisseurs ont réalisé, particulièrement avec l’assouplissement monétaire, que la récession qui semblait se dessiner ne se matérialiserait pas pour l’instant.

Ainsi, le marché Canadien a enregistré une baisse de -11,64% en 2018 et une hausse de 19,13% pour 2019, soit un rendement moyen de 3,75% par année entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2019. Les résultats ont été plus intéressants au cours de deux dernières années pour le marché américain qui a enregistré une baisse de -6,25% en 2018 et une hausse de 28,84% en 2019, pour une moyenne de 11,30% par année. Finalement, les marchés internationaux se sont moins bien illustrés avec un rendement de -15,81% en 2018 et un rattrapage à 18,43% en 2019, pour une moyenne de 1,31% par année au cours des deux dernières années.

Qu’en sera-t-il pour l’année 2020 !!

Bien malin, ou plutôt chanceux, celui qui pourra prédire l’issue de la prochaine année.

 Il y a certes quelques éléments positifs à considérer : Bien que l’OCDE envisage une baisse de la croissance économique mondiale pour les deux prochaines années, cette baisse demeure présente. La baisse des tensions commerciales se manifeste déjà dans les données économiques et plus particulièrement sur les marchés asiatiques. La reprise de confiance des entreprises favorisant les investissements. Les banques centrales sont déterminées à faire durer le cycle économique actuel par l’assouplissement de leur politique monétaire. Je suis d’avis que cette décision a pour principal objectif de leur permettre de se créer une marge de manœuvre plus grande afin d’affronter le prochain ralentissement économique. Cette sage décision continue à favoriser l’activité économique et de ce fait, les marchés boursiers. Bien qu’aucune baisse de taux ne soit prévue pour 2020, le maintien d’un discours accommodant demeure positif.

Il y a aussi quelques éléments négatifs à considérer : Avec le tempérament impulsif de l’administration Trump, un changement de cap imprévu et rapide peut se manifester à tout moment. Une reprise des tensions commerciales avec la Chine ou avec l’Europe pourrait venir réduire l’effort des banques centrales. Bien que celles-ci soient accommodantes, une croissance plus forte que prévu couplée à de l’inflation pourrait amener un changement de ton et favoriser une reprise de la hausse des taux d’intérêts. Comme nous l’avons mentionné dans notre dernière lettre financière « les cycles économiques ne meurent pas de vieillesse, mais à la suite d’un choc dans une économie en fin de cycle ». L’inversion de la courbe des taux d’intérêts demeure un signal inquiétant nous indiquant que nous sommes à la fin du cycle économique actuel.

Nous demeurons malgré tout optimistes face à la situation économique actuelle et nous avons positionné les portefeuilles en ce sens. Comme la situation économique peut se modifier rapidement, nous sommes également bien diversifiés afin de pallier aux situations négatives. Étant donné que nous ne connaissons pas l’avenir, il serait hasardeux de ne pas se positionner face à plusieurs scénarios possibles, tel est notre rôle en tant que gestionnaire de portefeuille.

Voici notre tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2019. Selon Morningstar, la moyenne des portefeuilles de gestion équilibrée (considéré à risque moyen), comprenant 50% de revenus fixes (obligations) et 50% d’actions, a ainsi généré un rendement moyen de +11,80% au 31 décembre 2019.

lettre