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31 Octobre 2018 : Les marchés : La fin de la correction ?

Par 23 novembre 2018Uncategorized

Les marchés à travers le monde ont connu une forte baisse au cours du mois d’octobre. Le marché boursier américain, représenté par le S&P 500, a connu une baisse de – 9.74% (1) entre le 3 et le 29 octobre dernier. Bien que nous utilisions le terme correction, techniquement celui-ci est utilisé lorsqu’une baisse de 10% et plus est enregistré.

Ce sont les mêmes craintes présentes depuis quelques mois qui ont causées cette baisse, soit : la hausse des taux d’intérêts et les effets de la guerre commerciale. Bien que nous ayons déjà parlé d’eux à plusieurs reprises, regardons plus précisément ce qui retient l’attention sur ces deux sujets, et qui a causé la récente baisse.

La guerre commerciale :

Depuis le milieu du mois d’octobre, les entreprises ont commencées à divulguer leurs résultats financiers du troisième trimestre. Ceux-ci sont excellents. Plus de 77% des entreprises ont déclarées des bénéfices égaux ou supérieurs aux attentes du marché (2). Toutefois, plusieurs entreprises ont avisées qu’elles prévoient une baisse de leurs bénéfices pour les prochains trimestres. Les dirigeants expliquent cette baisse à venir par la hausse de leurs coûts provenant des taxes douanières imposées par l’administration Trump.

Les marchés boursiers ont donc cherchés à ajuster le prix des actions pour refléter l’impact de la baisse des bénéfices à venir. Ceci explique en partie la baisse que nous avons subie et la forte volatilité, le marché tentant de déterminer la juste valeur des actions.

Bien que la guerre commerciale ait un impact important et justifie en grande partie la baisse que nous avons subie, la situation pourrait rapidement être corrigée suivant une entente commerciale entre la Chine et les États-Unis. C’est notamment cet espoir qui explique la hausse des trois derniers jours (30, 31 octobre et 1er novembre), les États-Unis et la Chine ayant annoncé une rencontre d’ici la fin du mois de novembre afin de tenter de conclure un accord.

La hausse des taux d’intérêts :

La hausse des taux amène son lot d’inquiétude. Ce qui anime plus particulièrement les marchés est la détermination du taux neutre. Qu’est-ce que le taux neutre ? Il s’agit du taux d’intérêt fixé par les Banques centrales à partir duquel l’impact de celui-ci est neutre sur l’économie. En bas du taux neutre, le taux d’intérêt continue à favoriser la croissance économique. En haut du taux neutre, le taux d’intérêt favorise un ralentissement de l’économie afin de freiner l’inflation. Les Banques centrales américaines et canadiennes ont fixés leur taux neutre à 3%. La Banque du Canada préfère proposer une fourchette établie entre 2.50% et 3.50% pour déterminer ce taux. Le taux d’intérêt fixé par les Banques centrales est actuellement de 1.75% au Canada et de 2.25% aux États-Unis. Compte tenu que les Banques centrales et les économistes ont prévu 3 à 4 hausses du taux d’intérêt d’ici la fin de 2019, il est possible que nous aurons atteint le taux neutre, voire dépassé celui-ci en 2019. Le marché est inquiet sur deux aspects, soit la possibilité que le taux neutre soit en fait plus bas que 3% et que la hausse des taux soit trop forte et rapide pour que le marché puisse absorber celle-ci. Puisse que la situation des taux d’intérêt soit potentiellement l’élément pouvant créer la prochaine récession, le marché suit attentivement tout ce qui entoure la détermination des taux d’intérêts.

La fin de la présente correction ?

Les déclarations de Jérôme Powell président de la Banque Centrale Américaine a déclenché la correction que nous avons connu (voir lettre financière spéciale du 15 octobre dernier). Les prévisions à la baisse des bénéfices des entreprises, causé par la guerre commerciale a creusé cette baisse. Nous sommes d’avis que nous avons atteint la fin de la présente correction car si la baisse continuait, le marché nous indiquerait qu’une récession est en vue d’ici les prochains 6 à 12 mois. Nous ne croyons pas que cette situation soit possible présentement car bien que nous assistions à un ralentissement généralisé à l’échelle mondiale, la croissance demeure forte avec un PIB de 3.5% aux États-Unis. Il s’agit d’un ralentissement de la croissance, mais nous demeurons tout de même en croissance. Plusieurs économistes ont mesuré l’impact de la guerre commerciale. Ils ont calculé un impact négatif de 0.5% sur le PIB américain et de 1.5% sur le PIB Chinois. À elle seule, la guerre commerciale n’est donc pas suffisante pour nous amener en récession.

Nous nous dirigeons cependant vers la fin du cycle économique actuel. Cette situation alimentera la nervosité et la volatilité des marchés. Les Banques centrales ont déjà prévenu qu’elles allaient désormais orienter leur politique monétaire d’accommodante vers une politique neutre. Dans ce contexte, nous demeurons à l’affût et prudent. Nous envisageons une progression vers une répartition défensive dans nos portefeuilles discrétionnaires au cours de l’année 2019-2020 selon l’évolution du contexte économique.

Voici notre tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2018. Basé sur ces résultats, un portefeuille équilibré c’est-à-dire à risque moyen, affiche un rendement de – 2,24% (3) depuis le 1er janvier 2018.