Les deux derniers mois ont été caractérisés par la reprise des hostilités entre les États-Unis et la Chine. La guerre commerciale a ressurgi, les discussions se sont arrêtées, l’administration Américaine accusant la Chine de vouloir remettre sur la table des éléments déjà convenus. Au moment d’écrire cette lettre financière le calme est revenu, la Chine et les États-Unis ayant conclus une trêve sur l’ajout de tarifs additionnels et ayant annoncé une reprise des négociations entre les deux grandes puissances économiques en marge du G20.
Plusieurs économistes considèrent que la guerre commerciale que se livrent la Chine et les États-Unis n’est pas suffisante à elle seule pour nous diriger vers une récession mondiale. Tous sont d’accord toutefois sur l’effet néfaste de cette guerre sur la croissance économique. Comme cette situation est unique dans l’histoire économique, les effets demeurent incertains. Ces risques ont alimenté une baisse des marchés au cours des deux derniers mois. Le marché boursier américain a ainsi reculé de près de 7% entre le 30 avril et le 3 juin dernier. En date d’aujourd’hui le marché a repris en totalité cette baisse, en partie grâce à la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine, mais plus particulièrement grâce au discours des Banques Centrales.
La Banque Centrale Américaine et les divers Banques Centrales à travers le monde sont hors de tous doutes les institutions les plus importantes et puissantes économiquement. Leur influence va bien au-delà des gouvernements et du président américain. La politique monétaire des Banques Centrales a un impact significatif sur l’évolution de l’économie. Plusieurs de celles-ci ont synchronisé leurs discours au cours des deux derniers mois en annonçant leur soutien à une expansion du cycle économique actuel. Concrètement, la Banque Centrale Américaine a non seulement annoncé un gel sur les taux d’intérêt pour l’année 2019, mais elle a maintenant ouvert la porte à la possibilité d’une baisse des taux si le ralentissement économique que nous observons continue à se manifester. En 1998 une intervention similaire de la Banque Centrale américaine a permis de prolonger le cycle économique de trois années supplémentaires pour résulter en une récession en 2001 (1).
Cette volonté des Banques Centrales à travers le monde de vouloir poursuivre l’expansion du cycle économique actuel est un changement de ton nouveau et important. Il nous indique que la prochaine récession que nous attendons tous pourrait être plus loin que prévu. C’est en fait une excellente nouvelle pour nos portefeuilles. Cela amènera toutefois des incohésions dans les marchés. Une détérioration des données économiques pourrait s’avérer positive pour les marchés boursiers dans l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt et vice-versa.
Il demeure toutefois un ombre au tableau qui nous incite à demeurer temporairement sur nos gardes soit l’inversion de la courbe des taux d’intérêt. Cette inversion est un signal annonciateur d’une récession qui ne s’est jamais démenti depuis 50 ans à l’exception de 1998, ou l’inversion de courte durée a été repoussée de deux années et demie. La courbe de rendement s’inverse lorsque le rendement des bons du Trésor à 10 ans baisse sous le rendement des bons du Trésor à court terme. Cet indicateur est important car il révèle que les marchés obligataires estiment que l’économie ralentira au point d’exiger que les Banques Centrales réduisent les taux d’intérêt.
Je ne voudrais pas paraître comme un prophète de malheur, la situation actuelle pourrait fort bien s’apparenter à la situation que nous avons connue en 1998. Néanmoins cette situation nous incite à demeurer prudents d’ici à ce que la courbe des taux se détende et nous démontre clairement qu’il peut s’agir d’un faux signal.
Voici deux tableaux intéressants indiquant le rendement des bons du trésor de 10 ans diminué du rendement de 3 mois. Les colonnes en gris représentent les périodes de récession datées par le National Bureau of Economic Research. Les tableaux ci-bas représentent les dernières observations datées du 14 juin 2019. L’inversion de la courbe des taux a débuté le 23 mai 2019 et elle est toujours présente au moment d’écrire cette lettre.


Vous pouvez être assuré que nous sommes toujours à l’affût de la situation économique et des marchés financiers afin de bien positionner votre portefeuille de placement face à l’évolution de celui-ci.
Voici le tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2019. Selon les indices, un portefeuille équilibré (à risque moyen), comprenant 50% de revenus fixes (obligations) et 50% d’actions a ainsi généré un rendement moyen de +9.60% au 30 juin 2019.

