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30 juin 2022: Les marchés: une récession à l’horizon!?

Il y a plusieurs sujets de planification financière sur lesquels j’aurais aimé vous écrire, mais compte tenu de la situation des marchés, cette lettre financière est dédiée uniquement à la situation économique, les marchés, et vos portefeuilles de placements. Avant de débuter, nous vous encourageons à lire notre précédente lettre financière en date du 30 avril si vous ne l’avez pas déjà fait, car elle explique plus en détail certains items auxquels nous faisons référence ici.

 

Les marchés qui étaient déjà en baisse depuis le début de l’année ont fortement reculés au cours des deux derniers mois. Le scénario optimiste qu’affichaient les banques centrales a perdu de son lustre lorsque les données sur l’inflation en provenance des États-Unis ont créé une surprise le 10 juin dernier.

Alors que nous pensions avoir atteint le sommet de l’inflation au mois de mars avec 8.5 %, les données de mai ont montré une recrudescence de l’inflation, et ce, malgré la hausse des taux déjà bien entamée. Les marchés à l’échelle de la planète ont reculés de plus de 10 % au cours des trois journées de bourses qui ont suivis. Ces données ont ravivé l’inquiétude que les hausses de taux envisagées par les banques centrales, à un niveau de 3 % d’ici à la fin de l’année, ne seront pas suffisantes pour maîtriser l’inflation. En haut de 3 %, considéré comme le taux neutre, il est acquis que l’économie sera soumise à une pression qui la ralentirait probablement suffisamment pour entraîner une récession. Le marché escompte que les taux directeurs aux États-Unis comme au Canada, pourraient atteindre 3.25 % à 3.50 % d’ici à la fin de l’année. Le marché est d’autant plus inquiet que les banques centrales ont envoyé un message clair que le cheval de bataille est de remédier à l’inflation. Bien qu’ils nous disent que leur intention n’est pas de vouloir entraîner l’économie dans une récession, leur action et volonté à vouloir contenir l’inflation laissent le marché perplexe quant à leur réelle préoccupation face à l’économie.

 

Les conditions économiques ont grandement changé au cours des derniers mois. L’inflation est la cause principale de ce changement. L’inflation est actuellement de 7.7 % au Canada. Nous retournons aux années 90 pour voir une inflation aussi importante. L’inflation provient d’un écart entre l’offre et la demande ou entre les consommateurs qui sont prêts à dépenser et les entreprises, ou l’offre de produits qui ne peut fournir à la demande. Cette situation est le fait de plusieurs facteurs combinés, soit :

  • Le vieillissement de la population qui entraîne une diminution de la population active sur le marché du travail
  • Les taux d’intérêts particulièrement bas et accommodants des dernières années et le retard des banques centrales à relever ceux-ci
  • Les déficits et dépenses élevés des gouvernements dans l’économie
  • La pandémie qui a nui à la chaîne d’approvisionnement
  • Les sanctions économiques contre la Russie, qui diminue l’offre de ressources naturelles, créé par la guerre en Ukraine
  • Le protectionnisme et les taxes douanières qui ont été mis en place sous l’administration Trump.

 

La hausse des taux qui est nécessaire pour ralentir les consommateurs et équilibrer les prix inquiète les marchés. Depuis le mois d’avril 2021, l’inflation a franchi la barre des 3 % de la fourchette ciblée par les banques centrales. L’inflation n’a cessé de grimper depuis. Les marchés sont maintenant inquiets que la hausse des taux, qui a tardé à se manifester pour la contrer, ne vient ralentir l’économie au point de nous amener en récession d’ici aux 6 à 12 prochains mois. Le tableau ci-bas démontre l’évolution du marché boursier depuis janvier 2020 à aujourd’hui ainsi que cette inquiétude qui se manifeste depuis le début de l’année.

 

Récession :

 

Les probabilités de récession sont actuellement évaluées à 35 % par le gouvernement du Québec et la Banque Nationale. La Banque Royale estime quant à elle les risques de récession à 50 % au Canada et plus de 50 % aux États-Unis selon la Banque Royale. Une récession est caractérisée par deux trimestres de croissance économique négative et une hausse du taux de chômage. Nous parlons actuellement de possibilité de récession technique. C’est-à-dire que nous pourrions avoir une confirmation en juillet que nous avons eu deux trimestres de croissance négative pour la période de janvier à mars et avril à juin, mais sans hausse du taux de chômage. Compte tenu de la forte situation de l’emploi, nous pensons qu’une récession, si elle devait se produire, serait faible à modérée, notamment au Canada.

 

Nous avons en moyenne une récession à tous les sept ans. La dernière récession a eu lieu avec la pandémie, soit officiellement à l’automne 2020, la récession précédente en 2008, puis en 2001. Ces périodes de baisse peuvent s’étendre durant quelques mois, mais sont suivies de fortes périodes haussières.

 

Quel serait l’impact d’une récession sur notre portefeuille :

 

Au pire de la pandémie, en février 2020, alors que nous étions tous confinés à la maison et toujours à la recherche d’un premier vaccin, les marchés ont chuté de 36 %. La Russie qui est actuellement isolée économiquement, affiche un marché en baisse de 38 %. Il n’y a pas lieu de croire que les conditions économiques actuelles sont plus inquiétantes. Avec des marchés affichant -24 % au cours du mois de juin, il nous apparaît peu probable de descendre à plus de -30 % sur le S&P 500 (marché américain). Si une telle situation se produisait, nos obligations joueraient à nouveau leur rôle de valeur refuge et l’inflation serait maîtrisée par ce ralentissement plus important que prévu. Nous pouvons ainsi croire que si nous n’avons pas atteint le plus bas pour nos portefeuilles, nous en sommes très près.

 

Je vais sortir ma boule de cristal ici, car comme la météo, il est bien difficile de prévoir l’évolution des marchés étant donné le nombre de variables et d’éléments qui peuvent subvenir. Toutefois, à la lecture des données économiques et de l’évolution de la situation, nous envisageons une reprise des marchés lorsque nous aurons une plus grande certitude de l’évolution de l’inflation en fonction de la hausse des taux d’intérêts qui est en cours. Une hausse des taux d’intérêt prend plusieurs semaines à s’intégrer dans l’économie. Le marché aura besoin de voir la direction que prend l’inflation en fonction des hausses des taux d’intérêt afin de pouvoir juger quand celle-ci pourrait prendre fin. Les données sur l’inflation sont mensuelles, bien que nous ayons des données intermédiaires. Dans ce contexte, le processus de baisse, mais aussi de reprise sera plus long que la baisse et la reprise qui a suivi la pandémie en février 2020. À ce moment, nous avions de l’information sur une base quotidienne sur l’évolution de la situation.

 

Je suis d’avis que nous aurons une meilleure appréciation de la situation concernant l’évolution de l’inflation vs hausse des taux cet automne, de sorte qu’une reprise pourrait débuter vers la fin de cette année ou dans le premier semestre de 2023. Nous pouvons donc nous attendre à une année où les performances de nos portefeuilles seront en territoire négatif pour 2022, mais positif pour 2023. La performance de 2023 dépendra du moment de la reprise. Plus elle sera tôt en début d’année et plus les performances seront intéressantes. Je vous invite à revoir le tableau ci-bas qui démontre qu’une situation où nous avons deux années de rendements négatifs consécutives est plutôt rare. Au cours des 40 dernières années au Canada, seule l’année 2001 et 2002 ont affiché des rendements consécutifs négatifs. La raison est que la baisse a débuté à la fin de l’année 2001, plus précisément le 11 septembre 2001. Nous nous souvenons des événements qui ont occasionné cette baisse.

Voici quelques données supplémentaires qui sont intéressantes. Le tableau suivant démontre les rendements qui ont suivis des moments de baisses importantes sur les marchés :

 

Nous terminons les données avec des chiffres intéressants illustrant les baisses de marchés et leur durée de 1987 à 2020. À noter que nous avons atteint -26 % entre le plus haut soit le 29 décembre 2021 et le plus bas atteint le 16 juin 2022. Nous sommes actuellement à 183 jours de baisse.

Source : Ned Davis Research (2021)

 

 

 

Point positif

 

Il y a un point positif à travers cette situation pour nos portefeuilles. Au cours des dernières années, les taux d’intérêt étaient très bas et favorisaient l’emprunt à la consommation pour stimuler l’économie. Nous entrons maintenant dans un environnement où les hausses de taux favorisent l’épargne au détriment de l’emprunt. En date du jour, nous avons des certificats de placement garanti (CPG) à un taux de 3.85 % pour 1 an jusqu’à 4.55 % pour 5 ans. Il y a à peine 6 mois de cela, nous avions encore des taux de 1 % pour 1 an jusqu’à 2.25 % pour 5 ans. Si les taux d’intérêt se maintiennent aux niveaux que nous avons actuellement pour les prochaines années, nous pourrons assister à des rendements moyens plus élevés pour nos portefeuilles. Nous pourrions penser par exemple, que nos projections de retraite pour un portefeuille équilibré ne se feront plus avec un rendement moyen de 4.5 % par année, mais plutôt avec 5.5 % ou 6.5 % par année. Rappelons-nous les années 90 où les performances des portefeuilles équilibrés à risque moyen, étaient en moyenne de 7 % à 8 % par année.

 

Ma recommandation n’a pas changé face à la situation actuelle. Je dirais même que la baisse que nous avons connue commence à nous apporter de belles opportunités. Je comprends que cela est contre-nature, mais je recommande présentement de penser à investir si vous pouvez vous le permettre, étant donné la baisse du marché, plutôt que d’envisager de vendre. Vous pouvez être assuré que nous veillons continuellement à ce que vos portefeuilles soient bien positionnés face à l’évolution de l’économie et des marchés. Ainsi, pour les portefeuilles gérés, nous apportons continuellement les modifications qui sont requises à cet effet. Si vous avez des questions ou des inquiétudes, n’hésitez surtout pas à me contacter.

 

Voici maintenant notre tableau qui résume le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2022. Selon Morningstar, la moyenne des portefeuilles de gestion équilibrée (considéré à risque moyen), comprenant 50 % de revenus fixes (obligations) et 50 % d’actions, a ainsi généré un rendement moyen de -13.91 % au 30 juin 2022.

 

Transactions dans les portefeuilles gérés – discrétionnaires

 

Malgré la baisse des marchés, nos portefeuilles gérés répondent à nos objectifs et se comparent aux portefeuilles situés dans le premier quartile, soit les plus performants au Canada en date d’aujourd’hui. L’objectif n’est pas de vanter nos performances, mais de vous assurer que la baisse de vos portefeuilles n’est pas due à de mauvais choix de placements, mais à une baisse généralisée des marchés. Voici les résultats de nos portefeuilles comparativement aux performances moyennes des fonds communs de placement selon la firme Morningstar.

Nous avons fait trois transactions dans les portefeuilles gérés au cours des deux derniers mois.

 

  • Le 10 mai, nous avons réduit les actions américaines sous le sigle XSP de 50 %, pour l’achat d’obligation à court terme et ainsi moins sensible à la hausse des taux d’intérêt, sous le sigle XSB. En cette même date, nous avons réduit de 10 % nos actions canadiennes sous le sigle XIC, pour acquérir des actions canadiennes de natures plus défensives et orientées vers le dividende, sous le sigle CDIV.

 

  • Au cours des mois de mai et juin, nous avons procédé au rééquilibrage de tous les portefeuilles. Le rééquilibrage vise à ramener tous les portefeuilles vers le portefeuille modèle correspondant au niveau de risque choisi. Cette opération génère pour chacun de vos portefeuilles plusieurs transactions, mais de faible valeur, en proportion de votre portefeuille, afin de nous ramener vers nos cibles.

 

 

 

N’oubliez pas d’aller visionner la dernière vidéo en lien avec cette lettre financière si vous préférez ce média à l’adresse suivante :

 

https://www.planivest.ca/videoconference/

 

Nous espérons que notre lettre financière vous est utile. N’hésitez pas à communiquer avec nous en tout temps si vous avez des questions supplémentaires !!

 

 

André Charette, MBA, CIM

 

 

 

 

André Charette est inscrit à titre de Directeur de succursale et Gestionnaire de portefeuille auprès de Valeurs mobilières PEAK Inc. Il est également inscrit à titre de conseiller en sécurité financière auprès de Planivest Inc. Planivest Inc. est un cabinet dûment inscrit auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) dans la discipline d’assurance de personnes. Valeurs mobilières PEAK Inc., courtier en valeurs mobilières de plein exercice, inscrit auprès de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières, limite son offre et responsabilité aux produits d’investissements. Valeurs Mobilières PEAK Inc., est membre du Fonds Canadien de Protection des Épargnants. Les

renseignements contenus dans ce présent document ont été préparés par M. André Charette, Directeur de succursale et Gestionnaire de portefeuille inscrit auprès de Valeurs Mobilières PEAK Inc.; ils ont été obtenus de sources que nous croyons fiables mais ne sont pas garantis et pourraient être incomplets. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles de Valeurs Mobilières PEAK Inc.