Les marchés: Une année orientée vers les bénéfices
Les marchés boursiers ont connu une bonne progression en 2025 et amorcent 2026 du bon pied avec une forte croissance au cours des deux derniers mois. Divers facteurs favorables qui se sont mis en place au cours de l’année 2025 se poursuivent : l’assouplissement des conditions monétaires, la poursuite des dépenses gouvernementales et des déficits budgétaires, le maintien de la croissance économique ainsi que l’optimisme entourant les avantages de l’intelligence artificielle (IA).
Cependant, les marchés boursiers se situent actuellement à des niveaux relativement élevés et les bénéfices des entreprises devront être au rendez-vous pour justifier la poursuite de la croissance en 2026
Heureusement, les perspectives de bénéfices des sociétés se sont également améliorées, ce qui justifie en partie les prix élevés payés pour les actions. La croissance des bénéfices a constamment dépassé les estimations des analystes au cours de la dernière année et les attentes ont été révisées à la hausse à plusieurs reprises. Au dernier trimestre, 85 % des sociétés du S&P 500 ont dépassé les prévisions générales des analystes, marquant ainsi un quatrième trimestre consécutif où les résultats surpassent les attentes.

L’expansion des marges bénéficiaires explique en grande partie cette performance. Les entreprises ont démontré une capacité impressionnante à contrôler les coûts tout en continuant d’accroître leurs revenus. Les bénéfices des sociétés du S&P 500 ont augmenté de 12 % en 2025, et les analystes prévoient une accélération de la croissance à 16 % en 2026 (comparativement à 12 % il y a un trimestre), suivie d’une progression potentielle d’environ 15 % en 2027.
La question demeure toutefois : cela est-il suffisant? Le 25 février dernier, Nvidia a publié des résultats impressionnants : 68 milliards de chiffre d’affaires pour le dernier trimestre, soit une hausse de 94 % de son bénéfice sur un an, dépassant les attentes des analystes qui anticipaient 65 milliards. Malgré ces résultats solides, l’action a chuté d’environ 10 % en deux jours. Pourquoi une baisse aussi importante malgré d’aussi bons résultats ? Parce que le marché s’attendait à une surprise encore plus grande.
Cela donne le ton pour l’année 2026 : une année où les entreprises devront livrer des résultats solides alors que les attentes sont déjà très élevées.
Guerre en Iran : quel impact sur votre portefeuille?
Au moment d’écrire cette lettre financière, les tensions militaires impliquant l’Iran se sont intensifiées. Les États-Unis et Israël ont entrepris des frappes ciblées contre certaines installations.
Les conflits géopolitiques apportent toujours leur lot d’incertitudes et d’inquiétudes. Historiquement, cela se traduit généralement par une baisse des marchés, mais souvent de courte durée. L’élément économique le plus important à surveiller dans ce conflit est le prix du pétrole. Environ 20 % du pétrole mondial transite via des bateaux par le détroit d’Ormuz, situé à proximité de l’Iran (source : Le Monde). Il est indéniable que le détroit sera bloqué afin de nuire à l’économie, ce qui résultera en une hausse rapide du prix du pétrole. Cette hausse du prix aurait pour effet d’alimenter l’inflation, notamment par l’augmentation du coût de transport des marchandises.
Si le conflit demeure de courte durée, l’impact économique devrait être limité. En revanche, si les tensions devaient se prolonger sur plusieurs mois, la pression inflationniste serait compensée par une hausse des taux d’intérêt. Une hausse des taux pourrait alors ralentir l’économie et avoir un impact plus important sur les marchés financiers.
Pour le moment, plusieurs éléments suggèrent que les acteurs impliqués n’ont pas intérêt à ce que le conflit s’étende sur une longue période. Malgré la volatilité qui pourrait survenir à court terme, aucune modification de nos portefeuilles n’est requise pour l’instant, car ceux-ci sont déjà bien positionnés pour faire face à ce type de situation. Soyez assurés que nous suivons l’évolution des événements de près.
Détérioration de la confiance envers les États-Unis
Plusieurs sondages internationaux mettent en évidence une nette détérioration de l’opinion à l’égard des États-Unis. Les plus récents résultats du Democracy Perceptions Index montrent qu’alors que la perception mondiale des États-Unis était auparavant nettement plus positive que celle de la Chine ou de la Russie, cet écart s’est considérablement réduit.
Les conséquences économiques et financières de cette évolution peuvent être nombreuses, même si elles ne se manifestent pas immédiatement.
Par exemple, la Chine, troisième plus important créancier des États-Unis, a réduit de façon importante sa détention d’obligations américaines afin de diminuer sa vulnérabilité financière. Une diminution de l’intérêt des investisseurs pour les obligations américaines pourrait exercer une pression à la hausse sur les taux d’intérêt, augmentant ainsi le coût du financement de la dette publique américaine, qui approche actuellement 40,000 milliards de dollars (source : U.S. Treasury Fiscal Data). Les pays étrangers détiennent environ 33 % de cette dette (source : Les Affaires).


Source Tableau 1 : U.S. Treasury Fiscal Data https://fiscaldata.treasury.gov Source Tableau 2: Le Grand Continent https://legrandcontinent.eu
Si un pays perd en popularité et en confiance, il est logique que les entrées de capitaux diminuent. D’ailleurs, plusieurs signes indiquent que cette tendance est déjà amorcée sur un horizon à long terme. Par exemple, l’utilisation du dollar américain dans les réserves de devises mondiales est également en diminution. Il pourrait être tentant de penser à un changement suivant les prochaines élections, mais il n’est pas certain que les futurs dirigeants politiques des États-Unis fassent marche arrière. Même si cela était le cas, il faudrait probablement plusieurs années pour rétablir pleinement la confiance internationale.
Les résultats des marchés boursiers semblent déjà refléter en partie cette réalité. En 2025, le marché boursier américain a affiché une performance inférieure à celle de plusieurs autres marchés internationaux, tandis que les taux d’intérêt sur la dette américaine à long terme ont augmenté. Dans ce contexte vous ne serez pas surpris que, même si nous continuons de détenir des actions américaines dans nos portefeuilles, nous en avons réduit la pondération au profit des marchés internationaux et canadiens.
Voici maintenant notre tableau résumant le rendement des principaux indices boursiers depuis le début de l’année 2025. Selon Manuvie (rapport Top Performer), la moyenne des portefeuilles de gestion équilibrée (considéré à risque moyen), comprenant 40 % de revenus fixes (obligations) et 60 % d’actions, a généré un rendement moyen de +3,39 % au 28 février 2026.

Reçus d’impôt
La période de préparation des déclarations de revenus approche. Les placements génèrent une partie importante des documents fiscaux nécessaires à votre déclaration : cotisations REER, retraits de FERR, cotisations au CELIAPP ou encore revenus provenant des comptes de placements non enregistrés.
Chaque année, nous vous faisons parvenir une liste personnalisée des reçus fiscaux que vous recevrez. Vous devriez déjà l’avoir reçue à moins que vous n’ayez aucun reçu émis pour vos comptes de placements. Un duplicata de vos reçus est également disponible directement sur le site Internet de PEAK via Monpeakenligne. Vous pouvez ainsi consulter ou imprimer vos documents, que vous receviez ou non les copies papier.
Nous souhaitons attirer votre attention sur un point important : Nos portefeuilles gérés utilisent principalement des fonds négociés en bourse (FNB). Les relevés fiscaux associés à ces produits sont généralement émis vers le 31 mars. Il est donc recommandé d’attendre après le 31 mars 2026 avant de produire votre déclaration de revenus, afin d’éviter d’avoir à effectuer des corrections par la suite.
Faut-il réduire le risque des placements à la retraite ?
Une règle souvent mentionnée en finance consiste à réduire progressivement le niveau de risque à la retraite. Une approche approximative suggère de détenir en titres à revenu fixe (placements défensifs) l’équivalent de son âge. Ainsi, une personne de 65 ans détiendrait environ 65 % d’obligations pour 35 % d’actions.
Cette logique peut être pertinente lorsque les retraits du portefeuille sont importants. Cependant, les rendements associés à un portefeuille conservateur (environ 3.8 % par année en moyenne sur les 10 dernières années selon Morningstar) peuvent nuire à la longévité du portefeuille si les retraits dépassent les rendements obtenus.
Lors de l’élaboration d’un portefeuille de retraite, plusieurs éléments doivent être considérés.
La longévité : Un homme a environ 25 % de probabilité d’atteindre 94 ans et une femme 96 ans. Ainsi, plus le décaissement/retrait annuel du portefeuille est important pour financer la retraite et plus le capital réduira rapidement.
Le pourcentage de retrait annuel requis du portefeuille :

Le risque de marché/ risque de séquence : C’est généralement pour cette raison qu’une diminution du niveau de risque de portefeuille est suggérée au début de la retraite. Un portefeuille plus risqué, faisant face à une baisse des marchés sera plus difficile à récupérer si le niveau de retrait annuel est élevé. Le graphique suivant démontre deux portefeuilles qui ont une moyenne de rendement de 5 % par année et un retrait annuel de 5 % du portefeuille. Le portefeuille en bleu a connu une mauvaise séquence de rendement en début de retraite et le second en fin de retraite. Le capital affiché entre l’un et l’autre des scénarios est fort appréciable.

Source : Planivest inc.
Une approche par compartiments
Dans ce contexte, je recommande de plus en plus l’utilisation de l’approche par compartiment. Cette stratégie consiste à maintenir en permanence l’équivalent de 1 à 5 années de retraits dans des placements très sécuritaires. Par exemple, une personne qui retire 6 % de son portefeuille par année doit détenir 30 % en obligations (court terme et marché monétaire), représentant 5 années de retraits. Le reste du portefeuille peut alors être investi en actions.
Cette approche permet un meilleur rendement et assure les versements avec des placements qui n’auront pas subi de baisse dans de mauvaises conditions de marché.
Pourquoi viser jusqu’à 5 ans ?
Parce que les périodes de baisses et de récupération les plus importantes et les plus longues au cours des 25 dernières années se sont étirées durant cette période. Ainsi, en maintenant en permanence via le rééquilibrage annuel ou semi-annuel, 5 ans de liquidité, nous nous assurons de ne jamais avoir à retirer de nos actions suivant une baisse de marché. Nous pouvons ainsi favoriser un portefeuille comprenant une pondération globale plus importante en actions et anticiper des rendements potentiels plus élevés sur notre portefeuille. Un portefeuille composé d’environ 30 % d’obligations et 70 % d’actions, considéré comme un portefeuille de croissance, a généré un rendement annuel d’environ 7.6 % au cours des 10 dernières années selon Morningstar. Il faut toutefois être confortable avec un niveau de volatilité plus élevé.
Transactions dans les portefeuilles gérés – discrétionnaires
Nous avons effectué une transaction ainsi que le rééquilibrage des portefeuilles au cours des deux derniers mois.
5 janvier 2026 : Nous avons investi les liquidités restantes de nos portefeuilles sous le sigle PSA pour l’achat du titre CDIV. Ce placement comprend les actions de compagnies canadiennes offrant des dividendes élevés. Il constitue un bon complément à notre position de base en actions canadiennes détenue sous le symbole XIC. Le titre CDIV possède une pondération plus importante dans certains secteurs moins représentés dans XIC. Ce placement a déjà fait partie de nos portefeuilles par le passé.
Un rééquilibrage de notre portefeuille a également été effectué à la fin du mois de janvier. Nous procédons généralement à cette opération deux fois par année afin de maintenir l’alignement des portefeuilles avec nos objectifs d’investissement. Nous avons profité de ce rééquilibrage pour nous positionner face à l’année 2026 qui s’amorce.
- Positionnement global : Nous sommes pleinement investis et continuons de favoriser les actions plutôt que les obligations pour la prochaine année.
- Obligations : Nous avons ajouté des obligations à haut rendement, incluant des actions privilégiées, sous le symbole SYLD. Nous continuons de privilégier les obligations canadiennes et mondiales, tandis que notre exposition aux obligations américaines demeure très faible.
- Actions : Nous avons réduit la pondération en actions américaines afin de favoriser les actions internationales, suivies des actions canadiennes. Les actions américaines occupent maintenant la troisième position dans nos portefeuilles. Nous avons également intégré un nouveau placement soit l’infrastructure mondiale sous le symbole CIF. D’importants investissements sont actuellement réalisés à l’échelle mondiale pour moderniser et remplacer des infrastructures vieillissantes, ce qui devrait soutenir ce secteur au cours des prochaines années. De plus, ce secteur d’investissement a historiquement tendance à être plus stable et moins sensible aux corrections boursières.
N’oubliez pas d’aller visionner la dernière vidéo en lien avec cette lettre financière si vous préférez ce média à l’adresse suivante :
https://www.planivest.ca/videoconference/
Nous espérons que notre lettre financière vous sera utile.
N’hésitez pas à communiquer avec nous en tout temps si vous avez des questions supplémentaires !!
André Charette, MBA, CIM
André Charette est inscrit à titre de Directeur de succursale et Gestionnaire de portefeuille auprès de Valeurs mobilières PEAK Inc. Il est également inscrit à titre de conseiller en sécurité financière auprès de Planivest Inc. Planivest Inc. est un cabinet dûment inscrit auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) dans la discipline d’assurance de personnes. Marcel Gravel est inscrit à titre de représentant en placement et directeur de succursale adjoint auprès de Valeurs Mobilières Peak. Josée Fradette est inscrite à titre de conseillère en placement auprès de Valeurs Mobilières Peak. Valeurs mobilières PEAK Inc., courtier en valeurs mobilières de plein exercice, inscrit auprès de l’Organisme canadien de réglementation des investissements, limite son offre et responsabilité aux produits d’investissements. Valeurs Mobilières PEAK Inc., est membre du Fonds Canadien de Protection des Investisseurs (FCPI). Les renseignements contenus dans ce présent document ont été préparés par M. André Charette, Directeur de succursale et Gestionnaire de portefeuille rattaché auprès de Valeurs Mobilières PEAK Inc.; Ils ont été obtenus auprès de sources considérées fiables et pertinentes. Les renseignements dans le présent document sont d’ordre général et pourraient s’avérer incomplets par rapport à votre situation personnelle. Ce document ne constitue pas un conseil d’investissement. Les opinions exprimées ci-dessus ne reflètent pas nécessairement celles de Valeurs Mobilières PEAK Inc. Valeurs Mobilières PEAK inc. n’est pas responsable du contenu de ce document.
